Comment est calculée la dette publique française ?
Définition Maastricht, 4 composantes, publication trimestrielle par l'INSEE — tout ce qu'il faut savoir sur le calcul officiel.
La dette publique française est calculée selon la norme européenne Maastricht : c'est la dette brute consolidée de l'ensemble des administrations publiques (État + collectivités + sécurité sociale), exprimée en valeur nominale. À fin T4 2025, elle atteint 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB. Source : INSEE, Comptes nationaux T4 2025, publiés le 27 mars 2026.
La définition Maastricht : ce que la norme inclut (et exclut)
La dette retenue par les traités européens est la dette brute consolidée des administrations publiques, calculée selon le règlement européen SEC 2010. Elle comprend les obligations et bons du Trésor, les crédits bancaires et les dépôts entre entités publiques.
Elle exclut les engagements hors bilan : retraites futures des fonctionnaires, garanties de l'État, passifs éventuels. C'est pourquoi certains économistes parlent de "dette implicite" pour ces engagements non comptabilisés, souvent estimés entre 1 500 et 3 000 Md€ supplémentaires.
La consolidation est essentielle : les dettes entre entités publiques sont supprimées pour éviter les doubles comptages. Par exemple, si la Sécurité sociale détient des OAT (obligations d'État), ce montant est soustrait de la dette brute totale.
Les 4 composantes des administrations publiques
Pourquoi le chiffre varie-t-il selon les sources ?
Plusieurs chiffres circulent car ils ne couvrent pas le même périmètre :
- 3 460,5 Md€ (115,6 % du PIB) — Dette APU Maastricht, fin T4 2025 (INSEE) : le chiffre officiel de référence
- ~2 420 Md€ — Dette négociable de l'État seul (AFT) : périmètre État uniquement
- ~3 050 Md€ — Dette nette des APU (brute moins actifs financiers) : non retenue par Maastricht
- 6 000-8 000 Md€ — Estimations incluant la dette implicite (retraites fonctionnaires, garanties) : hors norme comptable officielle
Ce site utilise systématiquement la dette brute APU Maastricht publiée par l'INSEE, qui est la référence pour le seuil de 60 % du PIB des traités européens.
Questions fréquentes
Oui — le ratio dette/PIB peut baisser si la croissance économique nominale dépasse la croissance de la dette. C'est ainsi que la France a réduit son ratio de 114 % (2020, COVID) à 111 % (2022) malgré l'absence de remboursement net. L'inflation aide mécaniquement : elle augmente le PIB nominal sans modifier la valeur nominale de la dette.
Les traités européens retiennent la dette brute par souci de comparabilité. La valorisation des actifs publics est délicate et contestable (faut-il inclure les participations dans EDF, les forêts domaniales, les musées nationaux ?). La dette brute est plus simple, plus objective et moins manipulable politiquement.