La santé en France
La France est le 2ème pays au monde pour les dépenses de santé.
Pourtant : déserts médicaux, urgences saturées, soignants sous-payés.
Où vont les 285 milliards ?
dépensés par an en santé — 12,3 % du PIB
2ème rang OCDE (après USA 17,4 %)
CNAM 2023 — en hausse chaque année
Allemagne : 7,8 — Autriche : 7,2
Allemagne : 3 400 € — Suisse : 4 200 €
L'ONDAM : la progression ininterrompue
Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie — il n'a jamais baissé en 27 ans.
Source : PLFSS annuels, DREES. En milliards d'euros courants.
Dépenses de santé / PIB — comparaison mondiale
Source : OCDE Health Statistics 2023. Dépenses courantes de santé (publiques + privées).
Le paradoxe de l'abondance
Malgré un budget parmi les plus élevés au monde, les indicateurs d'accès et de conditions de travail sont en décrochage.
La décomposition des 285 Md€
Source : DREES — Les dépenses de santé en 2022. Comptes nationaux de la santé.
Efficience : dépenses vs espérance de vie en bonne santé
Années de vie en bonne santé (EVBS) pour 1 000 € de dépenses annuelles par habitant. La France est dans la moyenne malgré son budget élevé.
Source : OCDE 2022. EVBS = Healthy Life Years (Eurostat). Dépenses/hab. en PPA.
La France dépense autant que l'Allemagne en santé (% PIB), mais paie ses infirmières 38 % moins cher et dispose de 27 % de lits en moins. L'argent existe — il est absorbé par la complexité administrative (~40 organismes complémentaires, double circuit public/privé, strates de gestion), par les prix pharmaceutiques, et par 30 ans de numerus clausus trop bas qui a créé la pénurie médicale actuelle. La crise de l'hôpital n'est pas un problème de budget : c'est un problème d'allocation et d'organisation.
La France a d'excellents résultats sur certains indicateurs clés : espérance de vie (82,3 ans, 5ème UE), mortalité infantile (3,6 ‰), cancer du sein (survie à 5 ans : 87 %). Le système de soins primaires reste l'un des meilleurs au monde quand on y a accès. La crise n'est pas homogène : elle touche principalement l'accès de premier recours (médecins généralistes, déserts) et les conditions de travail hospitalières, non la qualité technique des soins spécialisés.