La vente du siècle
En 2006, l'État cède ses autoroutes pour 14,8 Md€.
En 2024, les concessionnaires ont empoché ~63 Md€ de profits cumulés.
retour sur investissement pour les actionnaires — en 18 ans
9 300 km d'autoroutes privatisées en 2006 pour 14,8 milliards d'euros. Depuis, les concessionnaires ont versé plus de 50 milliards de dividendes, les tarifs ont augmenté de +84 %, et les concessions courent jusqu'en 2052.
(Vinci, Eiffage, Abertis…)
(estimation Cour des Comptes)
des concessions
depuis 2006 (inflation +33%)
La chronologie
Tarifs péages — comparaison européenne (coût/100 km VP)
Sources : ASFA, ASECAP 2024. VP = voiture particulière, trajet standard.
Ce que ça coûte au conducteur
La vente de 2006 a permis à l'État de désendetter de 14,8 Md€ à court terme. En contrepartie, il a cédé un monopole naturel ultra-rentable pour 30 ans. Sur la même période, les actionnaires ont encaissé ~63 Md€ de profits nets et les péages ont augmenté 55% (vs +33% d'inflation). L'équivalent : vendre son appartement pour rembourser un crédit conso, puis le louer à l'acheteur au prix fort pendant 30 ans.
Les concessionnaires ont effectivement investi dans l'entretien et l'extension du réseau (~3 Md€/an). L'État n'aurait pas nécessairement maintenu le même niveau d'investissement sous régie publique. Cependant, la Cour des Comptes a établi que les profits "excèdent largement" ce qui était prévisible lors de la cession, et que le cadre contractuel a favorisé les concessionnaires. La vraie question n'est pas "fallait-il privatiser ?" mais "fallait-il le faire à ce prix-là et sans clause de partage des surpofits ?"