🧓 Retraites
Combien coûte le système de retraite en France ?
345 milliards d'euros par an. C'est le premier poste de dépenses publiques françaises — devant la santé. Et la question de sa soutenabilité est centrale pour les décennies à venir.
Source : COR — Rapport annuel 2024.
Un système qui représente 1 euro de dépenses publiques sur 4
Les retraites constituent le premier poste de dépenses publiques en France, devant la santé (285 milliards) et l'éducation (160 milliards). Sur les 1 600 milliards de dépenses publiques totales, les retraites en représentent 21 %.
En 2023, la France verse des pensions à 17 millions de retraités, pour une pension nette moyenne de 1 600 € par mois (tous régimes confondus). Ce montant masque des disparités considérables : de 700 € pour les petites retraites agricoles à plus de 3 000 € pour les retraites de cadres du secteur public.
Qui finance les retraites ?
Le système de retraite français est basé sur la répartition : les actifs d'aujourd'hui paient les pensions des retraités d'aujourd'hui (pas de capitalisation). Les financements proviennent de :
- Cotisations sociales salariales et patronales (~62 % du financement) — environ 215 milliards € en 2023
- CSG / CRDS (~15 %) — contribution sociale généralisée, qui finance aussi l'assurance maladie
- Transferts de l'État (~12 %) — notamment pour financer les régimes spéciaux déficitaires (SNCF, RATP, régimes agricoles) et les retraites des fonctionnaires
- Autres (~11 %) — prises en charge Unédic, FSV (Fonds de Solidarité Vieillesse), etc.
Le régime général (CNAV, la principale caisse de retraite) est à l'équilibre ou proche de l'équilibre grâce aux cotisations. Ce sont les régimes spéciaux et la retraite des fonctionnaires qui nécessitent des subventions importantes de l'État.
Comparaison européenne : la France dépense le plus
Dépenses de retraite en % du PIB, 2022. Source : Eurostat.
L'écart avec la Suède (7 % vs 13,5 %) s'explique par des facteurs structurels : en Suède, l'âge effectif de départ est plus élevé (65 ans), la durée de retraite est plus courte, et le système inclut une part de capitalisation individuelle (comptes notionnels).
Les projections à 2050 : une soutenabilité incertaine
Le COR (Conseil d'Orientation des Retraites) publie chaque année des projections financières à long terme. Les scénarios 2024 montrent :
- En scénario central (croissance 1 %/an, chômage 7 %) : le système reste proche de l'équilibre jusqu'en 2030, puis présente un déficit de 0,4 à 0,8 % du PIB à partir de 2040.
- En scénario pessimiste (croissance 0,7 %) : déficit de 1,5 % du PIB dès 2035 — soit un trou annuel de 35 à 40 milliards.
- En scénario optimiste (croissance 1,5 %) : le système revient à l'équilibre sans réforme.
La réforme de 2023 (passage de 62 à 64 ans) améliore le solde de 17 milliards par an à horizon 2040 selon le COR — ce qui ne suffit pas à effacer le déficit dans les scénarios médians. D'autres leviers seront probablement nécessaires : hausse des cotisations, nouvelles réformes des régimes spéciaux, ou allongement supplémentaire de la durée de cotisation.
Le cas particulier des retraites des fonctionnaires
Les fonctionnaires de l'État (hors collectivités et hôpitaux) ne cotisent pas dans le régime général — ils bénéficient d'un régime spécifique, le Service des Retraites de l'État. Ce régime est structurellement déficitaire : les cotisations des fonctionnaires actifs (26,6 % du traitement brut en cotisation employeur État) ne couvrent pas les pensions versées.
L'État comble ce déficit par une subvention directe estimée à 40–50 milliards € par an selon la Cour des Comptes. À cela s'ajoutent les retraites des agents des collectivités (CNRACL) et de la fonction publique hospitalière, dont l'équilibre se dégrade.
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